Après les deux semaines de fun au nord du pays nous retournons à des visites plus culturelles dans les anciennes cités royales de la Thaïlande.
Pour cet article, une petite parenthèse historique s’impose et devrait vous permettre de mieux suivre notre parcours. Avant d’être tous unifiés en un seul État, trois royaumes se partageaient l’actuel territoire du pays : le royaume de Lanna au nord avec Chiang Mai pour place forte, le royaume de Sukhothai au centre et celui d’Ayutthaya plus au sud avec leurs capitales éponymes. Auparavant, la civilisation khmère avait conquis la majorité des terres thaïlandaises (c’étaient les « romains » de l’Asie !) mais à partir du XIIème siècle son déclin rapide et son repli dans ses frontières laissait le champ libre aux ethnies locales pour se construire de belles cités remplies de temples en tout genre.

Sukhotai
Chiang Mai nous aura laissé peu de temps pour les visites aussi notre première étape se fait dans cette commune aujourd’hui divisée entre New Sukthotai – ville moderne où nous logeons – et Old Sukhotai située à une douzaine de kilomètres qui abrite les ruines nombreuses de son âge d’or. Le site est assez grand (bien moins qu’Angkor tout de même…), et nous optons à nouveau pour le scooter afin de faciliter la visite des temples.
Certains d’entre eux sont très bien conservés, et d’une manière générale le style fait preuve d’une grande finesse. La forme du bulbe de lotus est celle qui caractérise majoritairement l’architecture de l’édifice central qui est souvent agrémenté de nombreux et jolis stûpas dressés tout autour. Dans d’autres temples nous retrouvons l’influence khmère avec des tours (ou prang) de style pré-angkorien.
Au milieu de ces ruines nous découvrons de nombreuses représentations de bouddhas dans des positions assez rares comme par exemple le walking Bouddha (Bouddha marchant) toujours très élégant ou le standing Bouddha (Bouddha debout) dont les statues sont imposantes. Notre coup de cœur se porte sur l’immense Bouddha assis du Wat Si Chum, position pour le coup très courante mais remarquable ici pour sa taille (15m de haut) et surtout pour son écrin de brique. Il est en effet comme enfermé dans un cube à ciel ouvert dont seule une étroite fente laisse entrevoir son contenu de manière énigmatique.
Sans préméditation nous avons la chance de nous trouver à Sukhotai un samedi, seul jour de la semaine où les ruines des temples sont éclairées le soir. Aussi après une pause au frais l’après-midi, nous retournons visiter le site à la tombée du jour. Il nous faudra cependant négocier longuement avec le garde à l’entrée du site qui tentera de nous imposer l’achat d’un nouveau billet. Négociation à tendance comique (de répétition) puisque l’unique réplique du bonhomme rétorquée des dizaines de fois et ce quelque soit nos arguments sera « after 6 pm you need to buy new ticket » – un vrai monomaniaque qui avait dû être douanier au Laos dans une vie antérieur. Nous finissons quand même par y parvenir sans repayer l’entrée. L’ambiance est totalement différente de celle du matin ; nous sommes presque seuls au milieu des ruines et l’éclairage disposé avec parcimonie dans un souci de scénographie sélective donne à l’ensemble une atmosphère mystérieuse et unique.

Visa run
Entre deux cités royales, nous faisons un « petit » détour par la frontière birmane dans l’espoir de prolonger notre visa, un détour qui nous vaudra presque 17h de voyage tout de même ! Nous ne savons pas très bien si cela est toujours possible (les lois se durcissant) et sortons donc de Thaïlande sans rentrer en Birmanie (nous n’avons pas le visa requis) en espérant ne pas nous retrouver coincés pour l’éternité dans le no man’s land entre les deux… Mais tout se passe pour le mieux et à peine avons-nous fait tamponner notre passeport pour quitter le pays que nous re-rentrons aussitôt et gagnons une nouvelle autorisation de séjour qui nous procure quatre semaines supplémentaires. Le tout en moins de 15 minutes. A côté de nous s’alignent des files interminables de birmans venus tenter leur chance à la frontière dans l’espoir d’un avenir meilleur de l’autre coté. Malheureusement ils se feront souvent exploiter, la considération des thaïlandais à leur égard étant plus que basse…
Ayutthaya
C’est vers 1h de matin que nous arrivons à Ayutthaya après notre visa run, ce qui ne nous laisse pas le luxe de choisir notre hébergement pour la nuit, on prend le premier venu.
Nous partons à la découverte des ruines du royaume d’Ayutthaya le lendemain en fin de matinée.
Pour une fois nous décidons de louer des vélos, les temples n’étant pas très éloignés les uns des autres. Une pas si bonne idée a posteriori car il fait 40°C dehors et une chaleur ardente difficilement supportable. Et comme si ça ne suffisait pas nous effectuons la visite entre midi et deux avec un Soleil impitoyable au dessus de nos têtes… Nous buvons un litre d’eau entre chaque temple. Cela-dit le site vaut vraiment le coup, les vestiges sont très beaux et certains sont ici aussi très bien conservés. Parmi ceux qui ont retenu notre attention, on relèvera la sculpture d’une tête de bouddha étrangement coincée entre les racines d’un arbre – personne ne sait comment elle est arrivée là – et le très beau Wat Luang avec ses trois grands chedis recouverts d’un enduit blanc.

Une boucle de rivière ceinture la ville et nous en profitons pour faire un tour de barque en fin de journée afin de profiter d’un point de vue différent sur les temples. Le lendemain nous visitons le très beau Wat Chai Yai Mongkhol dont l’immense chedi en brique penche légèrement au milieu de charmants stûpas qui se partagent une pelouse impeccable. Au sud du temple se trouve aussi un beau Bouddha couché (la dernière position avant d’atteindre le nirvana) constamment drapé d’orange par les fidèles.
Lopburi
A bord d’un minivan supersonique, nous relions la petite ville de Lopburi, située à quelques dizaines de kilomètres de là qui renferme elle aussi quelques vestiges intéressants. Un des rois de l’époque préférait d’ailleurs séjourner ici plutôt qu’à Ayutthaya. En plus des ruines disséminées au détour de ses ruelles, la particularité de Lopburi est qu’elle est totalement envahie par les singes ! Ici plus personne ne s’étonne de voir des macaques se chamailler sur les fils électriques, glisser le long des lampadaires, chaparder tous les restes de nourriture, traverser la route (sans regarder !) ou encore faire la sieste sur le toit des voitures. Beaucoup d’entre eux ont élu domicile sur le site du temple Sam Yot, ce qui rend sa visite assez pittoresque.

Nous n’y restons qu’une nuit car si on trouve ici plein de charmants petits salons de thé où se mettre au frais la journée, les rares hôtels ouverts à cette période sont en revanche carrément glauques. Nous quittons donc la ville le lendemain par le train pour rejoindre Bangkok ; allons voir si la capitale est fidèle à sa réputation.
bien des évolutions depuis ……1983 !
mais les sites restent les mêmes , et les Bouddhas n’ont pas changé .
( je ne vous referais pas le coup de la photo !!!)
pas d’éclairages sur le site de SUKHOTHAI à l’époque, dommage!
Je comprends votre enchantement pour ce pays,
bonne route vers le sud
et toujours et encore des bisous
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Oui la session nocturne était vraiment un coup de chance !
Mais même en journée le site dégage un atmosphère particulière qu’on a bien aimé.
On comparera les photos à notre retour alors.
Bisous
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