Phnom Penh

Vie d’expat’

A notre arrivée à Phnom Penh nous constatons la présence importante d’expatriés occidentaux. L’héritage culinaire de la colonisation française et le marché de cette clientèle plutôt aisée a pour conséquence positive d’encourager la capitale à proposer une offre gastronomique intéressante, surtout pour nous. On trouve notamment (dans tout le pays) beaucoup de… boulangeries ! Nous avons donc entrepris une étude comparative sérieuse des viennoiseries au Cambodge, en concentrant nos efforts sur les croissants et chocolatines dans leur version aux amandes. La palme revient pour le moment à « La Pâtisserie » du chef Christophe, à Phnom Penh (mais nous en avons testé d’autres qui n’étaient pas mal non plus) !

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Nous passons une soirée en compagnie de Claire et Romain, des copains d’Hélène, qui vivent ici depuis 7 mois et travaillent tous deux au lycée français. Ils nous invitent sur leur immense terrasse pour un sympathique apéro où nous avons même droit à du vin et du saucisson – cette ville a décidément tout pour plaire ! Ils nous vantent les avantages de la vie ici et en effet, outre la présence de valeurs sûres françaises (telles les boulangeries), Phnom Penh possède certains atouts qui font d’elle une destination attractive pour poser ses valises quelques années. C’est une capitale de taille agréable, avec une ambiance décontracte, beaucoup de bars et restaurants, peu de problèmes d’insécurité et où l’on trouve à peu près tout ce qu’il faut. La balade sur les quais au bord du fleuve, surnommée ici « la croisette », est très plaisante. On se prend à s’imaginer nous aussi expatriés au Cambodge et nous élucubrons les reconversions possibles qui pourraient nous y conduire…

Malgré tout, que les parents se rassurent, nous prévoyons toujours de rentrer en France pour l’instant, pas d’inquiétude ! De plus la ville a quand même deux inconvénients majeurs qui sont la chaleur qui y règne (pourtant les températures ne sont pas encore à leur maximum) et les énormes bouchons permanents.

La splendeur et l’horreur

Deux visites et deux atmosphères marqueront notre séjour ici. Tout d’abord celle du Palais Royal, vaste ensemble de pavillons relativement récents (début XIXème) d’une grande beauté architecturale et joliment distribués au milieu d’un parc merveilleusement entretenu. Nous admirons notamment la salle du trône et sa toiture grandiose, le promontoire des discours officiels et la résidence du roi. Un drapeau flottant au dessus de cette dernière nous indique que Norodom Sihamoni, actuel souverain du Cambodge, est présent au moment de notre visite – nous ne le verrons que sur les affiches. Attenante au palais se trouve la Pagode d’Argent qui renferme une collection de Bouddhas précieux (photos interdites). Elle tire son nom des 5329 carreaux d’argent qui revêtent le sol de son sanctuaire. Nous passons du temps à déambuler sur son esplanade brulante au milieu des stupas finement sculptés et des fresques anciennes en cours de restauration.

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Sans transition nous pénétrons plus tard dans l’ancien lycée colonial reconverti dès 1975 en centre de détention et d’extermination par le régime Khmer Rouge. Il prit alors le nom tristement célèbre de S-21. Visite difficile (mais nécessaire) tant l’atmosphère est lourde dans ce lieu de culture transformé en lieu de torture, qui n’a pas grand-chose à envier aux camps nazis. Près de 20 000 khmers y furent amenés et « interrogés », 12 seulement ont survécu dont un homme encore vivant et présent sur le site.
Nous ressortons 3h plus tard troublés et tremblants face à ce témoignage de la barbarie humaine. Plutôt que de rentrer dans les détails on vous propose un bref résumé de l’histoire des Khmers Rouges dont on se demande encore comment elle a pu avoir lieu il y a seulement 40 ans dans l’indifférence totale de la communauté internationale.

Le 17 avril 1975 les khmers rouges, combattants rebelles et opposants au régime archi-corrompu mis en place par les américains renversent le gouvernement sous les acclamations du peuple qui les accueille en libérateurs. Le même jour, sous prétexte de bombardements américains imminents, ils font entièrement évacuer Phnom Penh et toutes les grandes villes du pays. Des millions de personnes sont expulsées et envoyées dans les champs dans l’optique utopique d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Les frontières, les écoles, les hôpitaux et tous les services publics sont fermés. Plus aucun moyen de communication ne subsiste. Les anciens fonctionnaires et peu de temps plus tard les notables et autres intellectuels (il suffisait de porter des lunettes pour être considéré comme tel…) sont traqués et envoyés en camp de « rééducation ». Ils disparaissent mystérieusement. Même sort pour tous les récalcitrants. Exploitée, affamée et vulnérable à toutes les maladies, un quart de la population va périr en moins de 4 ans soit près de 1,7 millions de personnes. C’est le Vietnam qui libérera le pays en 1979, non par compassion mais en représailles à une absurde tentative des khmers rouges d’envahir le delta du Mékong.

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La reconstruction de Phnom Penh

Malgré l’instabilité et les difficultés qui ont succédé à l’épisode rouge, le Cambodge s’est relevé. Phnom Penh s’est installée en bonne place parmi les capitales d’Asie modernes et dynamiques. Les édifices coloniaux qui n’ont pas été détruits pendant la « purge » ont été restaurés et participent aujourd’hui au rayonnement de la ville. C’est le cas par exemple de l’hôtel le Royal, magnifique, mais aussi du marché central, très bien conçu car spacieux et aéré. C’est probablement le plus agréable que nous ayons arpenté jusqu’à maintenant. Flâner dans son réseau de petites allées encombrées mais propres et calmes au milieu des stands colorés est un plaisir en soi. Nous visitons également le très photogénique marché russe. Sur les avenues principales, les buildings modernes ne sont pas en reste et le contraste entre passé et présent, si propre à l’Asie, fonctionne ici admirablement bien.

La Coconut School, ou le beau projet de Ouk Vanday

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Terminons par une mention particulière pour la « Coconut School » (http://www.coconutschool.org/), une école que nous avons découverte lors d’une balade détente sur l’île de la soie à proximité de la ville. Le projet de son fondateur dynamique consiste à apporter un complément d’éducation aux enfants défavorisés dans les domaines des langues, de l’informatique et… de l’environnement ! Les enfants sont sensibilisés à la collecte des déchets, l’école elle-même est construite et décorée à partir de matériaux collectés et recyclés par les membres de l’association et par les enfants. Le genre d’initiative qu’on souhaiterait voir un peu partout dans le pays. Si vous passez par là n’hésitez pas à leur rendre une petite visite et à leur déposer des manuels en anglais.

 

5 réflexions sur “Phnom Penh

  1. bon, vous me rassurez quand-même…. pas d’autorisation pour les expat!!!
    Hélène, tu es toujours radieuse sur les photos , c’est un plaisir !

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  2. « Je passerai sur les grandes péripéties de mon voyage à moi : ma journée à Béziers »
    Vous faites plaisir à voir ! Plein de bises !!

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  3. La chocolatine (car oui tu as écrit chocolatine et non pain au chocolat 😉 C’est officiel vous êtes toulousains!) est un défi plus facile que les insectes ou les palmes de canard de Charlotte!
    Je suis d’accord avec la maman de Pierre: pas de dérogation vous rentrez en juillet !
    Bises

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