S’il y a bien un mot qui caractérise cette immense capitale du sud-est asiatique c’est « contrastes » ; on passe sans cesse d’un monde à un autre, d’une culture à une autre, d’une époque à une autre. Ville cosmopolite toujours embouteillée, bruyante, polluée… : Bangkok, on aime ou on déteste : nous on a aimé, au moins le temps d’un flirt. Accrochez vos ceintures, on vous emmène pour un voyage dans la quatrième dimension.

Voyage dans le temps : retour vers le futur
L’un des premiers contrastes qui saute aux yeux quand on débarque dans la ville est celui des époques. On jurerait qu’une distorsion temporelle a maintenu certains pâtés de maisons tels quels depuis deux siècles alors qu’elle a propulsé ceux d’à coté 50 ans en avance.
Le passé : en se promenant dans le vieux Bangkok, et en particulier dans le quartier Phraeng Phouthon on en vient à oublier que nous sommes au cœur de cette capitale effervescente et surpeuplée tant l’endroit a des allures de village historique au calme omniprésent. D’adorables maisons d’un seul étage arborent des façades blanches et jaunes aux volets verts. Elles bordent les jolies ruelles du quartier et abritent de petites boutiques ou de minuscules restaurants que nous prenons plaisir à tester.
A proximité se trouve le palais royal. De cet immense ensemble, nous découvrons d’abord le Wat Phra Kaeo, qui abrite notamment un Bouddha d’émeraude disputé au fil des siècles par les birmans, les laotiens puis les thaïs, aujourd’hui sujet d’un culte très important. Nous pénétrons ensuite dans l’enceinte du palais à proprement dit. Construit à la fin du XVIIIème siècle, il sert encore à l’occasion des cérémonies officielles mais la famille royale n’y réside plus. Il nous sera difficile de faire abstraction des milliers de touristes qui, il faut bien le dire, gâchent un peu la visite et les photos : le palais royal est le lieu le plus visité de Thaïlande.
Le Wat Pho est l’autre attraction emblématique et historique de Bangkok. C’est un très grand temple qui renferme de belles statues représentant des scènes importantes de la vie du Bouddha, ainsi que quatre beaux stupas de différentes couleurs représentant quatre monarques successifs.

Le présent : la majeure partie de la ville est très développée et bien ancrée dans le monde moderne. Peu ou pas de scooters dans les rues, tout le monde se déplace en voiture, taxi ou transport public. Nous arpentons les trottoirs bien entretenus, les passages piétons balisés ou encore les quais aménagés. Ici les boutiques de déco côtoient les restos climatisés et les agences de services en tout genre. Les jeunes se retrouvent dans les cafés cosys l’après-midi et dans les bars branchés le soir, rien de très différent de chez nous.
Le futur : on s’y projette en particulier dans le quartier de Sukhumvit dont les multiples niveaux s’élèvent au dessus de nos têtes et où les constructions de nouvelles autoroutes aériennes semblent ne jamais se terminer. Ici les différentes classes sociales ne se croisent plus : les plus modestes évoluent au sol dans le bruit et la fumée des pots d’échappement tandis que comme suspendues dans les airs, des passerelles et immenses esplanades les surplombent et permettent aux plus aisés de joindre les boutiques de luxe en tout genre.
Seuls connections verticales : les incroyables centres commerciaux qui relèvent presque de la science fiction. Plusieurs immenses malls (en anglais) se concurrencent l’espace. Ultra modernes, au design et aux éclairages très créatifs, couverts d’écrans géants ou de murs végétaux, on peut y passer des jours tant ils sont vastes. Chacun regroupe des centaines de boutiques, des étages entiers de restaurants, des cinémas et parfois un musée, un aquarium ou un showroom de voitures de luxes. Malgré l’affluence on se demande qui à Bangkok a les moyens de faire son shopping dans ces endroits…
C’est aussi dans ce quartier que l’on trouve des gratte-ciels sur le toit desquels des bars rooftop proposent des cocktails au dessus de la ville. Nous nous accordons ce petit extra – un immanquable – et jouissons d’une vue extraordinaire à 360° sur la nuit de Bangkok.
Jour de marché : petits objets et grand bazar
Outre les mega-malls évoqués ci-dessus qui affichent beaucoup d’enseignes occidentales, le « marché traditionnel » de Bangkok se décline lui aussi en plusieurs versions de dimensions très variables. On trouve par exemple en plein cœur de la ville un étrange marché exclusivement dédié aux amulettes. C’est une étonnante succession de petites échoppes qui vendent ces jolis objets en métal, en bois ou en terre cuite, aux milles représentations depuis les figures du Bouddha jusqu’aux animaux porte-bonheur. Nous l’avons arpenté et nous sommes amusés à observer les locaux superstitieux, armés de leur loupe, venus dénicher l’objet rare qui saura les protéger du mauvais sort, renforcer leur virilité ou encore leur porter chance aux jeux.

A contrario le Chatuchak market est tout simplement le marché le plus grand d’Asie et l’un des plus grands du monde. Bien trop étendu pour se nicher dans le centre, il se situe au nord de la ville et se tient principalement le week-end. Nous y passons sans difficulté une journée entière en nous perdant dans le dédale des innombrables boutiques qui vendent absolument tout : vêtements et chaussures, plantes, ustensiles de cuisine, antiquités, fleurs, décoration, meubles, bébés animaux, poissons et équipement pour aquariums, œuvres d’art, téléphones…
On y aurait bien fait quelques emplettes mais on se limitera à une ou deux bricoles car tout nouvel achat alourdit notre sac que nous devons encore porter pour pas mal de temps.
Choc des cultures : de Shanghai à Disneyland
Un autre contraste qui frappe quand on arrive à Bangkok, c’est celui du choc des cultures. Comme dans toute grande capitale, plusieurs communautés sont très présentes et s’approprient des quartiers entiers. C’est ainsi que nous nous retrouvons en Inde pour quelques instants, transportés par les odeurs de curry et la couleur des saris. Quelques rues plus loin nous voici téléportés en Chine, dans un Chinatown comme on les imagine avec sa grande avenue flanquée d’enseignes aux caractères chinois, son labyrinthe de ruelles où l’on trouve un bric-à-brac de marchandises en tout genre, et ses temples rouges et or à l’ambiance Lotus Bleu.
Le quartier dans lequel nous logeons (question de budget…) est quant à lui une sorte de ghetto à touristes où s’amoncellent boutiques de souvenirs, étals de vêtements contrefais (estampillés « made in USA », fallait oser), salons de massages et multiples bars-restaurants exposant une carte littéralement identique… mafia ? Passé une certaine heure, la rue la plus animée, la fameuse Kao San Road, devient assez chaotique et l’on n’y croise plus que des jeunes backpackers venus du monde entier, bouteille à la main, dansant au brouhaha des musiques de bars qui se concurrencent et se mélangent. Bref, Disneyland la magie en moins, l’alcool et les ping pong shows en plus…

Mais où que l’on soit, en ouvrant bien les yeux et en restant attentif aux petits détails, on assiste à des scènes parallèles souvent éphémères qui nous rappellent que nous sommes bel et bien en Thaïlande. Comme cette femme qui, entre deux bars au moment où la fête bat son plein, négocie un poulet vivant à l’arrière de la moto d’un homme ; se sont-ils donnés rendez-vous, se sont-ils croisés par hasard au moment où elle avait justement besoin d’un poulet ? Ou encore ce scooter transportant une famille de quatre personnes, dont les deux enfants en pyjama, quoi de moins normal ici ? Aussi cette petite femme âgée et courbée qui pousse un chariot sur lequel elle vend une poignée de légumes et quelques herbes aromatiques, peu importe l’heure du jour ou de la nuit elle trouvera toujours un autre thaï pour lui en acheter.
Grand-écart culinaire : dumpling à la truffe ou riz frit insipide
Côté cuisine le meilleur comme le pire se côtoient dans la capitale. Et le standing de l’établissement n’est jamais un bon indicateur, dans un sens ou dans l’autre…
On trouve bien sûr une version misérable (et chère) de la bouffe thaïlandaise sur les stands de rue de Kao San Road mais les centres commerciaux rutilants ne sont pas en reste. Nous y avons malencontreusement expérimenté une chaine internationale qui nous a peut être servi le plus mauvais repas depuis le début de notre voyage.
A l’inverse nous vivons deux superbes expériences gustatives : à commencer par le prestigieux restaurant chinois Din Tai Fung – défi lancé (et financé !) par les collègues d’Hélène – dans lequel nous dégustons les fameux dumplings, sortes de raviolis cuits à la vapeur. Avec un budget plus que confortable, nous faisons une orgie de bouchées vapeurs, buns, soupe, bœuf émincé et même quelques desserts. Tout est très fin et parfumé, un vrai délice pour nos papilles parfois un peu lassées, on doit bien l’avouer, par les fried rice, les fried noodle et les currys.

Notre deuxième émoi gastronomique (très local pour le coup) a lieu dans le charmant quartier Phraeng Phouthon précédemment cité. Par pure gourmandise nous nous lançons dans un marathon des petits restaurants ayant tous une spécialité : sur un stand de rue, petites crêpes à la crème et au poivre en guise de mise en bouche ; puis dans une gargote la meilleure soupe de nouilles aux œufs jamais goutée dont Pierre rêvera toute la suite du voyage ; chez le voisin un délicieux poisson frit à la sauce au tamarin ; enfin un petit établissement nous sert un très bon Pad Thaï aux crevettes. Un copieux déjeuner donc, mais qui nous a régalé à chaque étape !
Il y aurait encore beaucoup à faire et à explorer à Bangkok mais la chaleur suffocante de la ville nous incite à partir chercher la fraicheur de l’air marin. Et comme nous nous sommes un peu acclimatés à la présence de nombreux touristes (nous en sommes aussi cela-dit, et bien conscients…), nous continuons vers les îles du sud du pays, dernière étape de notre séjour en Thaïlande.
il y a tant de choses à voir et à faire à Bangkok mais c’est vrai que le bruit constant des voitures, des motos, la chaleur et l’humidité écrasantes donnent envie de partir pour respirer l’air frais!!
gbisous à vous
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Oui c’est vraiment une ville immense, on pourrait y passer beaucoup de temps. Il y a pas mal de visites intéressantes à faire.
Mais bien qu’on ne soit pas pressé par le temps il y aussi plein de choses à voir ailleurs… alors on a refait nos sacs et on est reparti sur les routes !
Bisous
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Quelle ville !!
une parenthèse dans le monde moderne durant ce périple plutôt
» découverte tranquille »
toujours superbement décrit et mis en page….
reconversion envisageable à votre retour!
(que j’attends quand-même un peu)
des bises à tous les 2
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Merci pour les compliments sur le blog.
Vous êtes nombreux à nous féliciter et ça nous fait vraiment plaisir !
En plus ça nous donne la pèche pour continuer à poster.
Bises à la maman
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Bande de veinard! Des dumplings… c’est trop bon! Prenez la recette pour nous en faire a votre retour.
Sinon, a part la culture culinaire, ou en etes vous de la culture bouddhiste?
Bises
Vincent
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Vincent ! Content de te lire !
Merci pour ce petit coucou.
La culture bouddhiste on en « bouffe » autant voir plus que du riz !!
Je ne sais pas lequel des deux va nous filer une indigestion en premier 😉
Bises à toute la famille
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