Calme et Volupté

Bali, Lombok : deux îles minuscules à l’échelle du pays qui ont pourtant réussi à se forger une réputation planétaire en seulement quelques décennies. Elles le doivent d’abord à leur géographie presque idéale – des volcans au centre entourés de vastes plaines fertiles, et plusieurs belles plages en bordure – mais aussi et surtout à l’hospitalité de leurs habitants. Le tourisme s’y est développé rapidement et de manière importante sans pour autant dénaturer outre mesure la riche culture locale. Il n’en résulte pas moins que les « top sights » sont bondés et que les locaux ont désormais une fâcheuse tendance à nous prendre pour des porte-monnaie ambulants. Les coins de tranquillité sont rares et il nous faut nous réhabituer à la présence d’autres touristes venus en masse et pas toujours du meilleur cru. Mais après tout et comme nous l’avons dit précédemment, à ce stade du voyage nous ne sommes plus contre un peu d’« occidentalisme » avec le confort et le bon goût qu’il peut parfois procurer. Et si les petites îles de la Sonde sont très fréquentées, il est encore possible de s’échapper à moto pour découvrir quelques endroits préservés.

C’est au jour le jour et sans logique particulière que nous avons sillonné ces deux îles et leurs voisines, parfois en grimpant, parfois en nageant, parfois même en surfant.

Kawah Ijen
Nous commençons par un petit détour à l’extrémité Est de l’île de Java, accessible en seulement trente minutes de ferry depuis Bali, pour nous rendre sur le volcan Ijen. C’est vers minuit que nous partons en gravir le flanc pour observer les célèbres flammes bleues qui s’échappent de sa soufrière, uniquement visibles dans l’obscurité. Sur le raide chemin qui y mène nous croisons les porteurs de soufre, ces travailleurs qui extraient chacun quotidiennement près de 300 kg de minerais et les remontent sur leur dos depuis le fond du cratère jusqu’à la station de pesée. Vers cinq heures du matin nous contemplons le lever du Soleil qui dévoile enfin le lac bleu turquoise qui tranche avec le jaune sulfurique. Ils ont l’acidité en commun et si la baignade parait tentante, elle est cependant… à éviter !

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Munduk
De retour à Bali, nous pénétrons le centre montagneux à moto pour passer quelques jours à Munduk, l’un des derniers secrets de l’île. Tranquille à souhait, le village offre de magnifiques panoramas et propose de superbes balades aux alentours. L’instant petit déjeuner balinais sur le balcon de notre bungalow cosy avec vue sur la vallée et ses rizières est tout simplement inoubliable. A pieds, nous explorons les environs luxuriants au hasard des cascades, des cultures en terrasses et des plantations de café et de cacao. Une halte paisible et bienvenue où nous nous ressourçons avec plaisir après l’enchainement de transports des derniers jours et notre ascension du volcan.

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Kuta
À éviter absolument. L’ex plus belle plage de Bali est aujourd’hui gâtée par les touristes australiens qui semblent apprécier de s’y faire rouler de toutes les manières possibles par les locaux pervertis. Nous sommes contraints d’y dormir pour accéder à l’aéroport et assurer notre deuxième visa-run (voir ci-dessous). Nous préférons néanmoins passer la journée à Seminyak juste au nord qui bien qu’autant fréquentée a l’avantage de fournir des boutiques et autres restaurants autrement plus acceptables.

Visa-Run – épisode II
Vous vous souvenez de notre excursion expresse à la frontière thaïlandaise pour renouveler notre visa ? Et bien c’est dans la même situation que nous nous retrouvons au bout d’un mois en Indonésie, obligés de sortir du pays pour prolonger notre autorisation de séjour. A ceci près que cette fois la frontière la plus proche est à deux heures d’avion… Nous passons donc une journée à Singapour et profitons de l’occasion pour découvrir cette incroyable ville en compagnie de Patrice, un collègue d’Hélène expatrié depuis peu avec sa compagne Amalia et leur petite fille. Ils nous régalent au passage d’un déjeuner à la française comme on en a pas eu depuis environ… 6 mois !

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A Singapour, 10% des habitants sont millionnaires. Une grande partie de la population est en outre constituée d’expatriés aux conditions de vie très favorables. Ajoutez à cela un système patriarcal ultra-sécuritaire et il en résulte une ville-pays à part, immaculée, presque surréaliste. Grignotant toujours un peu plus d’espace sur la mer, des tours de verres jaillissent à n’en plus finir au milieu de jardins botaniques futuristes. Elles abriteront les bureaux des grandes entreprises internationales venues chercher les avantages fiscaux, des hôtels hors de prix pour le commun des mortels ou bien des malls gigantesques qui regrouperont toutes les marques de luxe de la planète.

Ubud
P1130907Retour dans le monde réel ou presque, à Bali. Plus dans les terres, la ville d’Ubud ne manque pas de charme (bien que très fréquentée) : hôtels confortables, spectacles de danse, musées, temples et autres lieux sacrés en font une destination plaisante. C’est pour nous comme pour beaucoup l’occasion de plonger un peu plus dans la culture balinaise, particulièrement emprunte de beauté. Mélange d’hindouisme et d’animisme, nous assistons chaque matin au joli rituel des offrandes pendant lequel fleurs et bâtonnets d’encens sont déposés au pied des autels familiaux dans un geste plein de grâce et de délicatesse. Une agréable étape où nous restons plusieurs jours, le temps de s’imprégner de la douceur de vivre locale et de visiter quelques jolis temples, sans oublier de profiter de la piscine de notre guesthouse et de tester les bonnes tables de la ville.

Amed
Dernière étape à Bali, cette station de plongée sur la côte Est nous offre une retraite sympathique avec une belle vue sur le Gunung Agung, le volcan le plus haut de l’île. Ses plages de sable noir desservent quelques bons spots de snorkeling avec notamment une épave de bateau et un petit autel englouti. On y trouve quelques beaux coraux et poissons mais rien de comparable avec Bunaken (oui, on a du mal à s’en remettre…). Nous y passons une soirée, le temps de manger un bon curry de poisson, avant de prendre le bateau pour les îles voisines.

Gili Air
Au Nord-Ouest de Lombok se trouvent trois jolies îles minuscules connues sous le nom de « Gili » (prononcez guili). Calmes car exemptes de véhicule motorisé, entourées de plages et de récifs, on les croirait conçues pour la détente. Et même si elles aussi commencent à devenir victimes de leur succès on arrive encore à s’y relaxer tout à fait convenablement. Nous choisissons Gili Air parmi les trois, qui présente le parfait équilibre entre animation et décontraction. Nous nous installons au Nord-Est de l’île dans un coin tranquille où nous prenons le petit-déjeuner sur la mer tous les matins. Parfois dans un élan de motivation nous enfilons palmes, masques et tubas pour aller nager avec les tortues qui après quelques jours semblent nous apprivoiser et s’amusent à nous suivre dans l’eau. De la motivation il nous en faudra aussi pour quitter ce joli petit atoll où nous commencions à prendre nos habitudes.

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Le Rinjani
Sur Lombok, le majestueux volcan Rinjani culmine à 3726 mètres. Son ascension est réputée difficile, voire très difficile d’après certains. Un défi que Pierre décidera de relever, seul pour le coup. La première journée de marche conduit au camp de base sur le bord du cratère. Mais 1200 mètres de dénivelé sont encore à gravir pour atteindre le sommet, sur un sentier raide et sablonneux particulièrement fatiguant. Pour observer le lever du Soleil et profiter de la vue avant l’arrivée des nuages, l’harassante ascension démarre dès 3h du matin le lendemain. Mais ce jour là le ciel est déjà en partie couvert et l’on n’aperçoit les Gili que partiellement. Juste assez pour un petit coucou à Hélène restée sur la plage à parfaire son bronzage. Dans la même journée, 2600 mètres de descente finiront d’achever les plus résistants.

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Kuta Lombok
Nous passons nos derniers jours au sud de Lombok, dans la région de Kuta. Ici les plages sont parmi les plus belles de cette région d’Indonésie. Vastes et pratiquement désertes, nous les découvrons à moto en prenant soin de les tester une par une jusqu’à la limite du coup de Soleil. Peu de baignades cependant au regard des rouleaux qui se brisent continuellement sur ce littoral. Par contre c’est l’occasion rêvée de s’essayer au surf et moyennant une courte leçon auprès d’un local, nous prenons nos premières vagues tout en grâce et en légèreté. Bon ok là on exagère un peu, mais à notre propre étonnement nous arrivons tout de même rapidement à nous maintenir debout sur nos planches et à apprécier quelques secondes durant la sensation unique de caresser la surface de l’eau.

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Bien que le voyage touche à sa fin, ceci n’est pas notre dernier article ! Alors surveillez encore un peu le blog pour découvrir notamment les défis partie 2, un article surprise et enfin un ultime billet qui lui viendra conclure comme il se doit nos aventures en Asie.

 

3 réflexions sur “Calme et Volupté

  1. C’est le coeur serré (ben oui quand même ! mais évidemment pas autant que vous !) que je vous dis un IMMEEENNNSE merci pour ces merveilleuses photos, ces commentaires géniaux et ces superbes vidéos. Vous m’avez fait partager votre périple (comme le temps a passé vite malgré tout), j’en ai pris plein les mirettes. Et la photo de fin, alors là, bravo ! Bien trouvé. La saison 1 est terminée, et comme chaque série qui se termine, on a hâte d’être à la prochaine même si les épisodes ne sont pas encore tournés, ni même écrits d’ailleurs ; peut-être une ébauche de scénario, hein ? hein ?
    Bon retour dans le monde dit « civilisé » et bon courage à toi Hélène, tu vas avoir à peine le temps de reprendre tes esprits. Merci en tout cas pour ces moments magiques.
    Pierre, j’ai appris par Jo, avec ravissement, que l’on avait le même genre d’humour (chat/piscine), humour pas toujours compris à sa juste valeur…hélas (soupir).
    Merci également pour ce blog, superbe idée, la modernité au service de la beauté.
    Gros bisous. à tous les deux.
    A bientôt.
    Fréd

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